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Chasser :

LA DIETETIQUE

L'apnée et de la pêche sous-marine, pour être pratiquées en toute sécurité, réclame un certain nombre de conditions. La première de toutes est précisément l'acquisition ou le maintien d'une bonne condition physique. Cette état de forme physique difficilement définissable en français, désigné par le mot fitness en anglais, passe par une alimentation équilibrée, des activités physiques appropriées et une bonne hygiène de vie en général.

        Il y a de nombreuses motivations parmi vous pour rechercher cet état de condition physique :

1) Ne pas souffrir de maladie.
2) Eprouver un bien-être moral et social.
3) Etre capable d'agir et de réagir avec efficacité dans toutes les situations.
4) Obtenir les meilleurs résultats possibles en compétition.

     C'est évidemment le troisième point qui nous intéresse. Mais si un chasseur travaille pour ressembler à
Schwarzenegger, ou un autre pour être champion du monde, il ne faut surtout pas les décourager. Peu importe le fond, pourvu qu'on ait la forme.

      La condition passe simplement par une alimentation équilibrée  et une préparation physique pas si simple que ça. En effet, l'apnéiste ne dispose que d'une seule machine pour de multiples fonctions  dans toutes les dimensions : son propre corps. Quand le chasseur se met dans le soleil pour piquer sur un poisson à contre-jour, il est avion.  Quand il rampe au fond pour gagner un poste d'agachon, il est char. Le reste du temps, il est bateau de surface ou sous-marin. Mais contrairement à Goldorak, cette machine polymorphe ne dispose que de réserves très limitées en oxygène et en énergie. D'où la nécessité d'un minimum de connaissance et de préparation. Mais oubliez un peu l'aspect contraignant de l'affaire et retenez qu'il est assez passionnant d'être à la fois son propre pilote et sa propre machine.  

Il n'y a toujours pas de recette miracle en matière d'alimentation. Jacques Mayol et d'autres prônent un consommation importante d'ail supposée favoriser l'apnée. A ce jour, rien n'a été scientifiquement prouvé. On sait simplement que si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas de mal non plus. Plus sérieusement, la plongée et la natation provoquent une dépense énergétique très importante, aussi bien pour maintenir la température du corps que pour produire du mouvement, alors que les possibilités de stockage sont limitées.
Il faut donc manger de tout, mais sans excès avant et après l'effort, car pendant c'est très difficile, vu la nature du milieu dans lequel on évolue.

Vous avez tous connue l'organisation du bateau. Trop de quelque chose  = pénurie d'autre chose. Dans votre foie ou dans votre sang, c'est pareil :

Excès = carence
(soit directe faute de moyen de stockage, soit induite indirectement par blocage).
Carence  = carence aussi par pénurie.
D'où l'incontournable nécessité de l'équilibre.

Le jeu du 421

Un moyen mnémotechnique pour retenir les proportions des trois grands groupes d'aliments : la règle du 421 soit, dans la ration journalière, quatre portions de glucides pour deux de protides et une de lipide.

Les glucides sont stockés dans le foie et dans les muscles sous forme de glycogène. Il constitue la réserve énergétique, le carburant du plongeur. Le comburant, c'est l'oxygène. Il faut consommer environ 100 grammes de glucose pour brûler 100 litres d'oxygène, ou plutôt 100 litres d'oxygène pour faire brûler 100 grammes de glucose. Les glucides complexes appelés sucres lents sont contenus dans les légumineuses, les céréales, les pâtes, les pommes de terre, le pain, les fruits secs. Les sucres rapides (qui passent presque instantanément dans le sang) se retrouvent dans les fruits, les confitures, le miel, les produits laitiers.

Les protides sont d'origine animale (viandes, poissons, oeufs, produits laitiers) ou végétale (légumes secs, pain, féculents). Les protéines permettent de régénérer les tissus, de fabriquer de l'os ou du muscle.

Les lipides fournissent l'énergie lorsque le glycogène est épuisé. On les trouvent dans les graisses animales et végétales (huiles). Vitamines et sels minéraux sont contenus dans les produits frais. Il faut boire beaucoup d'eau, indispensable à tout travail de l'organisme avant, pendant et après un effort de longue durée. Il  au moins de 2,5 litres d'eau par jour (heureusement, il y en a dans toutes les boissons et tous les aliments.

Les calories : la ration alimentaire  journalière nécessaire à une personne sédentaire est de 37 calories par kilo de poids soit pour un homme de 70 kilos : 70 x 37 = 2590 calories
+ 10 calories par kilo par heure d'effort physique, soit pour une heure
de sports : 2590 + 700 = 3290 calories.
Au dessous : risque d'affaiblissement
Au dessus : risque d'engraissement.
Pour calculer les calories des aliments : http://www.bodyplanet.com/dietetique/listealiments.htm

A noter que notre discipline ne nécéssite pas une ascèse effroyable comme les ultra-marathoniens. Ceux d'entre nous qui sont un peu enveloppés bénéficient au moins d'une meilleure résistance au froid, et d'une meilleure flottabilité.

Pitié pour le foie

Néanmoins, il faut éviter tout ce qui porte atteinte à notre autonomie d'action. Un foie et un organisme en bon état peuvent stocker au total 400 grammes de glycogène, soit selon les calculs de Robert Stromboni, assurer les besoins de  5 heures de compétition  (393 grammes de glycogène pour 96 litres d'oxygène pur). Pour cela, ce foie ne devra pas être abîmé par les toxines du tabac, de l'alcool, des cacahuètes (afflatoxines) et autres cochonneries d'apéritifs. Le tabac est totalement interdit par certaines associations de plongée. Par exemple, l'organisme Global Underwater Explorer refuse d'instruire et même d'accepter pour un stage de courte durée tout individu fumeur. La fédé recommande à ses membres tout de même un minimum d'autodiscipline. Il faut savoir que se réapprovionner en glucose en cours d'effort peut faire monter brutalement la glycémie, dérégler un mécanisme de précision fragile, et provoquer en réaction une hypoglycémie tout aussi brutale. La sensation de faim, de soif, de bien-être ou de malaise n'est pas générée par une valeur absolue, mais relative. Taux normal de glucose dans le sang : 0.80 g. par litre. 0.75 : sensation de faim. 0.70 : coup de pompe ou malaise. La machine est gérée par le pancréas (insuline).

Se bourrer de sucres lents à l'excès n'est pas non plus une solution. La fermentation de leur combustion incomplète (liée au manque d'oxygène) provoquera un dégagement de méthane (comme pour les alpinistes qui se bourrent de barres chocolatées en altitude) préjudiciable à l'apnée. L'indigestion de féculents induira une carence indirecte en vitamine B1.

Quand les réserves de sucres sont épuisées, l'organisme s'attaque à son stock de graisses dont la combustion dégage de l'acétone. L'excès de graisse provoque des dépôts de cholestérol. L'excès de viande provoque de l'urée.

La façon la plus facile de gérer son organisme en plongée est donc d'adopter un régime équilibré.

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