Un jour de chance le 20 septembre 2000 1 denti 5.1 kg
En cette journée de fin septembre, le soleil est encore chaud, la mer est claire et calme.
Les touristes ont abandonnés la région et nous
pouvons enfin profiter des dernières journées
de plaisir. Mon ami Yann est descendu pour passer le week-end.
Astrid, mon épouse, nous accompagne pour une ballade
dans les eaux bleues du cap Bear.
Nous profitons de cette eau chaude pour faire quelques apnées
profondes sur le coralligéne du sud. Il n'est pas bien
haut mais il permet d'observer des corbs et des sars qui se
balladent entre les graviers du fond et les failles du coralligéne.
Dans cette apnée entre 20 et 25 m se fait sans un tir
de sars car malheureusement ils sont tous trop petits pour mériter
d'être tirés. C'est un régal de glisser
dans cette eau cristalline où dés le début
de la bascule nous permet de voir l'ensemble du coralligéne.
Après deux heures qui sont plus de la
ballade et de l'apnée que de la chasse, nous nous rapprochons
du bord. Yann veut absolument faire des rascasses pour la soupe
de poisson. C'est vrai qu'à Paris il a du mal à
en trouver chez le poissonnier. Je le guide sur une faille qui
part de la surface et glisse jusqu'à 30m au bout du cap.
C'est le repère d'une multitude de petites rascasses
rouges. Pendant qu'il fait sa ceinture de petite rascasse, je
décide de faire un agachon sur les pierres du Nord du
cap. Je me ventile bien et coule tranquillement sur ce fond
que je connais si bien. N'ayant pas vu de poisson j'ai déclenché
mon chronomètre pour faire un entraînement apnée.
C'est au bout de 1m40 que je vois apparaître sur le sable 5 ou 6 m plus bas de moi, deux magnifiques dentis.
Mon esprit ne se concentre plus que sur eux et j'oublie la montre
qui tourne. Ils foncent sur moi dès qu'ils entendent
mon premier appel. Je me plaque au fond comme si j'étais
terrifié par leur approche. Plus ils arrivent vers moi
avec leurs ventres blancs, plus je me tapie sur le fond tentant
de disparaître de leurs champs de vision. Je me concentre
sur le plus gros.
Arrivés à 1M de moi, ils tournent et dans la dixième
de seconde suivant, mon tir le traverse juste derrière
les ouies. Son démarrage est fulgurant, mon moulinet
se dévide et après 2 secondes mon fil casse net
scié par la tête du fusil.
Mon retour à la surface est un immense cri de désespoir.
J'arrête mon chronomètre qui affiche 2mn45. Superbe
apnée pour un superbe poisson perdu.
Après quelques minutes où je me repasse indéfiniment
les images de ce poisson dans ma tête je décide
de descendre pour voir si je ne peux pas retrouver ma flèche,
on sait jamais. La coulée m'approche du sable sur 20m
et je vois mon poisson posé nageant entre deux pierres
la flèche en travers du corps. Il nage lentement sans
bouger la flèche est bloquée entre deux pierres.
L'excitation est telle que je n'ai pas l'apnée suffisante
pour le rejoindre 5 m plus loin je remonte, Et là: impossible
de me calmer j'attends mon coeur à 100 et ma ventilation
est pitoyable. Je bascule et file comme un fou vers le fond
en fixant mon poisson qui continue à nager. En arrivant
sur lui je saisis la flèche de chaque coté de
son corps et je remonte aussi vite que je suis descendu. L'arrivée
en haut est un cri de joie à la hauteur de l'émotion.
Mon retour au bord fera halluciner Yann qui enchaînera
durant 1 heure, les apnées sur la même zone mais
sans succès. Le dimanche sera consacré à
un barbecue entre amis, bien arrosé.
J'aurais du joué au loto ce jour là
...........
Un autre recit ?
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